Allons donc pauvres fous
Vous qui voyez fleurir au bout de vos éperons
Une haine violente pour l'être fait de grâce qui se dresse devant vous
Aveuglés par le sang ou l'argent
Etes vous devenus aveugles à cette grâce immense
N'avez vous plus de cœur pour faire taire vos lances?
Vous tuez d'un sourire
Vous emprisonnez d'un rire
Les derniers rois vaillants d'un monde en perdition
Quelques poignées d'écus
Quelques mets délicieux
Et l'aveu consternant que cela justifie l'assassinat perfide dont vous êtes les auteurs
Que ferez-vous alors
Lorsque s'élevant en vengeur
Le dauphin rappellera ses instincts de chasseur?
Vous le nommerez cruel
Vous le couronnerez tueur
Effaçant la trace vive de son sang sur vos mains.
La nature a ses lois
Faites en fi, mes chers, je vous en prie
Mais le jour viendra où de ses droits, elle résonnera...
Ne pleurez pas alors
Mais vibrez du souvenir
Que vous êtes les auteurs de ce propre malheur!