• Mort étrange de trois dauphins à Marseille

     

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           La plongée a tourné au cauchemar au large de Marseille. Trois dauphins morts et attachés par la queue à un bloc de béton ont été retrouvés lundi 10 octobre 2011, dans la calanque marseillaise de Morgiou, à 58 m de profondeur, par deux monitrices d'un centre de plongée de Cassis (Bouches-du-Rhône).
     
          Fabienne Henry, responsable du centre Narval Plongée à Cassis, et Jacqueline Dozin, une monitrice du club, effectuaient une plongée profonde au cœur du futur parc national des Calanques, lorsqu'elles ont fait cette macabre découverte. «A 55 m, on a aperçu un peu plus loin quelque chose d'anormal. On s'y est rendu et on est tombé sur les cadavres de trois dauphins qui étaient à 58 mètres de profondeur, reliés par la queue par un bout (cordage) lui-même attaché à un bloc de béton», décrit Fabienne Henry, confirmant une information du quotidien La Provence. «On était complètement choqué sous l'eau de voir ça, d'autant qu'il y avait un adulte et deux petits», a-t-elle dit.
     
          La gendarmerie maritime mène l'enquête «Je ne suis pas spécialiste mais ils n'étaient pas là depuis dix minutes, ils commençaient à être un peu abîmés. Ils ont été balancés de la surface, ça me paraît évident. Pourquoi à cet endroit ? Je n'en ai aucune idée», a-t-elle également confié. «J'ai pris contact avec deux organismes qui s'occupent de la protection des cétacés, le Grec (Groupe de recherche sur les cétacés) et le Gecem (Groupe d'études des cétacés en Méditerranée) qui ont informé les autorités du parc national de Port-Cros qui s'occupent de ces affaires», a-t-elle précisé. Contactée, la préfecture maritime a indiqué que le parquet de Marseille avait ouvert une enquête dont les investigations ont été confiées à la brigade de surveillance du littoral de la gendarmerie maritime. Huit plongeurs ont repéré et filmé jeudi après-midi les cadavres des dauphins, avant de les remonter à l'aide d'un parachute, a constaté un photographe, à bord d'un des bateaux envoyés sur place par la gendarmerie maritime et les marins-pompiers. Les cadavres, qui seront ensuite autopsiés par un vétérinaire pour tenter d'établir la cause du décès, ont été «repérés à 130 mètres à l'est du cap de Morgiou, à l'extrémité de la calanque», a précisé l'un des gendarmes présents sur le bateau. «C'est la première fois qu'on voit ça» a-t-il ajouté, laissant entendre que cela ne pouvait pas être le geste d'un pêcheur. Il a précisé que les cadavres pouvaient être ceux d'une mère et ses petits. «Ces mammifères sont protégés, les tuer constitue un délit pénal et les coupables risquent une peine d'emprisonnement», a rappelé  un porte-parole de la préfecture maritime.
     
          Pour Franck Dhermain, responsable du Groupe d'études sur des cétacés de Méditerranée, les dauphins ont très probablement été victimes d’un pêcheur peu scrupuleux qui aurait préféré faire disparaître les corps des dauphins pris par erreur dans des grands filets de pêche. «Tout porte à croire qu'il s'agit du geste d'un pêcheur confronté à des prises accidentelles. Parfois, la méthode est beaucoup plus expéditive. Les dauphins capturés par erreur sont éventrés sur le bateau, puis leurs poumons retirés et remplacés par des blocs de pierre. Le tout ainsi lesté, est jeté par-dessus bord.»
     
          Des pratiques cruelles qui pourraient être évitées si la réglementation sur les filets de pêche étaient respectée: «Y aurait-il toujours des filets maillants dérivants près de nos côtes alors que leur utilisation est interdite?» s’interroge, faussement naïf, Franck Dhermain. Ces immenses filets flottants sont à l’origine de nombreuses prises d’espèces protégées, cétacés ou mammifères marins.
     
          Depuis 2009, la pêche au filet maillant dérivant est interdite en France. Mais la pêche illégale perdure et «nous soupçonnions depuis longtemps l'existence de ce genre de pratiques, mais nous n'avions jamais pu encore en apporter la preuve formelle, regrette Franck Dhermain. C'est désormais chose faite. Et c'est pour nous une avancée très importante.»

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