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          Olivier Blanchard, directeur d'Emmaüs aux Essarts, adjoint au maire des Herbiers (Vendée) et membre de Sea Sheperd, l'association écologiste américaine luttant pour la préservation des dauphins, est actuellement au Japon. Sa volonté? Dénoncer les massacres qui perdurent encore dans la baie de Taiji, jouissant d'un macabre succès depuis le film The Cove, la baie de la honte, 2009 .

    Voici les propos du seul français présent au sein des militants de la baie de la honte:


    Vous êtes au Japon, à Taiji, depuis le 14 janvier. Pour quelle raison ?

    Nous luttons contre le massacre des dauphins, dont la chair est vendue comme viande de baleine, mais également contre leur capture et le commerce international vers les delphinariums. Chaque dauphin dressé est vendu 100 000 dollars. Il s'agit d'un énorme business. Pour Sea Shepherd, nous sommes actuellement quatorze cove guardians (gardiens de la crique). Je suis le seul Français. Ici, à Taiji, nous sommes considérés comme des terroristes potentiels.

    Vous êtes membre de Sea Shepherd depuis deux ans. Pourquoi ce voyage vous tenait-il à cœur ?

    J'ai postulé pour devenir cove guardian en juillet dernier. Je suis passionné par la mer depuis mon enfance. La Terre est notre vaisseau spatial, la biodiversité est l'équipage qui fait fonctionner notre vaisseau et nous humains (qui ne sommes que passagers) passons notre temps à tuer l'équipage. Les océans qui nous fournissent l'oxygène arrivent à un niveau de déséquilibre critique.

    En quoi consiste votre activité là-bas ?

    Il s'agit exclusivement d'une mission au sol. Dès 6 h du matin, nous sommes présents pour le départ des bateaux de pêche, qui rabattent les troupeaux de dauphins pour les piéger dans une petite crique. Nous tentons de photographier et de filmer la tuerie, ainsi que les transferts de dauphins vivants.

    Nous essayons aussi d'être témoins de l'achat de la viande par les grossistes, mais aussi d'identifier les acheteurs de dauphins vivants. C'est un travail de pression psychologique de tous les acteurs de ce gigantesque business international.

    Comment votre démarche est-elle ressentie sur place ?

    La police, sous toutes ses formes, est omniprésente. Ses agents sont trois fois plus nombreux que nous. Nous sommes surveillés 24 heures sur 24. Nous avons des interdictions d'accès précises. Et gare à celui qui posera ne serait-ce qu'un pied du mauvais côté : c'est la prison.

    Et les professionnels de la pêche ?

    Chez les grossistes, dans les petites ruelles, c'est plus dangereux. La police nous colle physiquement à un mètre, de manière à éviter tout débordement de part et d'autre. Nous avons interdiction de nous déplacer seul, une tentative d'enlèvement ayant eu lieu l'an dernier. Nous sommes tous équipés de radio portable et de caméra de manière à pouvoir appeler au secours et prouver les responsabilités en cas d'agression par les pêcheurs ou la police.


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